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Courir pendant la grossesse : 4 fausses croyances

isotype pour le cabinet de kine du sport et osteo du sport à Brison-Saint-Innocent

Il est souvent recommandé aux futures mamans d’arrêter la course à pied pendant la grossesse, preuve que de nombreux mythes persistent.

Une femme enceinte qui court pendant sa grossesse pour illustrer l'article de sport santé sur les mythes et fausses croyances concernant le fait de courir pendant la grossesse

Introduction

Il est souvent recommandé aux futures mamans d’arrêter la course à pied pendant la grossesse.

Pourtant, dans la littérature scientifique actuelle, la course à pied ne fait pas partie des sports contre indiqués dans les grossesses sans complications, preuve que de nombreux mythes persistent sur cette pratique lorsque l’on est enceinte.

Mon conseil

Dans le cas d’une femme enceinte ne présentant pas de condition médicale particulière et ayant une grossesse sans complication, il est conseillé que l’activité physique, au sens général du terme, soit poursuivie ou démarrée chez les futures mamans le plus tôt possible.

Celles qui n’ont pas l’habitude de faire du sport devraient se rapprocher d’un professionnel de santé afin d’être guidé pour savoir quelle(s) activité(s) choisir et comment démarrer une activité physique.

L’essentiel étant de choisir la ou les bonne(s) activité(s), les bonnes conditions environnementales et d’y aller très graduellement.

Les risques associés à la pratique d’une activité physique régulière pendant la grossesse sont bien moins élevés que tous les bénéfices que la femme enceinte peut en tirer.

Les bienfaits pour la future maman sont multiples : limiter la prise de poids, réduire la fatigue et les nausées, diminuer le risque de complications pendant la grossesse notamment de diabète gestationnel, de l’hypertension artérielle, des douleurs lombo-pelviennes, mais aussi de certaines complications obstétricales et thromboemboliques, ainsi que des incontinences urinaires en post-partum.

Il y a aussi un impact psychologique : une femme enceinte qui bouge va mieux vivre sa grossesse (plus de facilité à bouger jusqu’au terme), son accouchement (diminution du temps de travail, moins de recours à la césarienne ou à l’instrumentation) et récupérer plus vite suite à la grossesse.

Enfin, il existerait de nombreux bienfaits pour le fœtus et le futur bébé, en procurant notamment des avantages au niveau cardio-vasculaire (fréquence cardiaque plus basse et meilleure variabilité cardiaque de certains nourrissons), au niveau du poids (poids inférieur de 0 à 5 ans, moins de risque de développer de l’obésité ou un syndrome métabolique à l’adolescence) et en diminuant le risque de malformation (diminution du risque de bébé « macrosome », c’est-à-dire pesant plus de 4kg à la naissance).

Il est recommandé que la pratique de l’activité physique soit répartie sur un minimum de 3 sessions par semaine, à une intensité modérée, afin de couvrir un total d’environ 150 min d’activité physique par semaine au minimum.

Des exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien peuvent être effectués quotidiennement.

Selon la littérature scientifique, lorsqu’une femme tombe enceinte et a une grossesse sans complication, il n’y a pas de raison de diminuer son taux d’activité physique lorsque la durée ne dépasse pas 6 à 7h par semaine.

Concernant la course à pied, il est tout à fait possible et même conseillé de là pratiquer pendant une grossesse sans complication, préférentiellement lorsque la future maman court déjà depuis 3 mois avant le début de grossesse.

Pour les femmes qui ne couraient pas avant la grossesse, des activités avec moins d’impact seront plus conseillées telles que de la marche nordique, de la natation, du renforcement musculaire et/ou du vélo.

Nous passons en revue les mythes les plus rencontrés en s’appuyant sur les données probantes de la science.

Mythe nº 1 : La course à pied peut provoquer l’accouchement

Des études ont démontré que la pratique de la course à pied pendant la grossesse n’augmente pas la contractilité utérine en fin de grossesse par rapport à un sport sans impact comme le vélo.

De plus, le liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus rend l’utérus incompressible donc il n’y a aucun impact direct sur le futur bébé. Il n’y a pas de délai pour s’arrêter de courir. Il est donc possible de courir jusqu’au 9ème mois de grossesse, en étant suivi par un professionnel de santé qualifié.

Mythe nº 2 : Courir prive le bébé d’oxygène

De récentes études ont mis en avant chez les mamans coureuses une augmentation de la capillarisation placentaire qui est le témoin d’une vascularisation normale pour le futur bébé.

De nombreuses études ont en fait démontré que l’activité physique, même intense, peut se pratiquer durant une grossesse sans complication.

Par exemple, une récente étude a validé la possibilité de pratiquer une activité physique à 90% de la fréquence cardiaque maximale de la maman pendant 35 min et dans un environnement de 25°C et de 45% d’humidité. Il est donc possible de courir à une intensité relativement élevée sans risque de souffrance fœtale en surveillant sa fréquence cardiaque et la survenance de symptômes uro- gynécologiques.

Mythe nº 3 : Courir peut engendrer un retard de croissance chez le fœtus

Il n’existe pas de différence significative entre l’âge gestationnel de naissance et le poids de naissance chez les femmes qui ont couru pendant la grossesse et celles qui n’ont pas couru.

Mythe nº 4 : Courir rends la maman incontinente

Il n’y aurait pas plus de risque de développer de l’incontinence urinaire chez les mamans qui courent par rapport à celle qui ne courent pas. La course à pied n’augmente pas le risque de développer de l’incontinence urinaire durant la grossesse, ni à un an en post-partum.

Doser votre entraînement, écouter votre corps et bonne course !

Merci à Marion Raballand, kinésithérapeute à Bruxelles, candidate au doctorat en science de la motricité et enseignante à la Clinique du Coureur, pour le partage de ses recherches portant sur l’intérêt du sport pendant la grossesse.

Matthieu Laurent, coach marathon et trail, kiné et ostéo du sport, en pleine course après l’entraînement et la préparation physique pour marathon et trail.

Matthieu Laurent

Kiné & ostéo spécialisé dans le sport

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Avant d’être coach et professionnel de santé, je suis surtout un coureur passionné.